
Ça y est, le train annonçait déjà la fermeture des portes alors que je venais à peine de réaliser ce que je venais de faire. Je vis à travers la vitre mes parents me faire de grands signes. Maman avait les larmes aux yeux : elle était persuadée que je ne reviendrais jamais, mais elle le masquait avec son grand sourire si chaleureux. Elle allait me manquer. Le train démarra, adieu famille, adieu pays natale, adieu vie paisible. Enfoncée dans mon fauteuil, je n’avais jamais vu Paris, uniquement sur les cartes postales. C’était la plus belle ville du monde à ce qui paraît, toutes mes amies m’enviaient, il me restait encore 3 heures de train devant moi. Étudiante en journalisme, ma candidature pour un transfert dans un pays étranger avait été retenu & Paris était prêt à m’accueillir. Allais-je me faire des amies ? Il paraît que les français ne se lavent jamais… Une pénurie de savons vous pensez ? J’étais anxieuse, je m’étais fait toute une image de Paris dans ma tête. J’eus une douce pensée pour mon petit-ami que j’avais laissé là-bas, lui promettant fidélité & amour même avec une mer entre nous deux. Je le considérais comme étant l’amour de ma vie, mon unique amour. Lorsque je lui disais de belles paroles, il se contentait de pouffer de rire & de se concentrer sur sa console… Je suis naïve n’est-ce pas ? Il est bien trop beau & intelligent pour moi, il voulait juste une cruche à porter de mains… Mais pourtant je lui pardonnais tout, absolument tout. C’est fini les enfantillages pour moi, j’étais une adulte maintenant ! Si Matthew voulait se taper la bonasse du coin, ainsi soit-il ! Je n’avais pas besoin de lui, j’avais une carrière à construire & une ville à conquérir : Paris! Je partis dans le wagon-bar afin de me prendre un chocolat viennois, malgré les secousses, j’y suis parvenu sans problème.
« Hello ! A chocolate please with a... This little cake ! »
Le serveur s'exécuta à me préparer mon chocolat viennois. Appuyée sur le comptoir, mon regard parcourus le wagon. J’étais seule avec le serveur. Il devait avoir mon âge à en juger ses traits fins. ( code = Pringles ) Ses yeux noirs croisèrent les miens, je ne pu m’empêcher de lui sourire. Il se mit alors à rire devant mon incompréhension, avais-je quelque chose entre les dents ?
« What ? What is so funny ? »
« It’s not about you, heuuu, well. »
Il semblait terriblement gêné. À en juger son accent, son anglais était plus que médiocre. Je tentais à mon tour lorsqu’il me tendit ma tasse :
« Merci beaucoup mon brâaave. »
Il émit un rire moqueur & je compris que je n’avais pas intérêt à ressortir cette phrase une fois arrivée à Paris. Je récupéra mon petit déjeuner, les joues écarlates, & lui donna ma monnaie. Alors que je m’éloignais du bar, il m’interpella :
« Miss ? »
Avais-je donné trop de monnaies ? Je me retournais alors encore plus gênée.
« Do you wanna stay with me ? I just wanna... Speak with someone like you. »
« Like me ? You think i’m a character ? »
Il me fit une moue puis hocha de la tête avant de se faire pardonner avec un irrésistible sourire. Je hochais à mon tour la tête & pris place devant le bar avec ma boisson.
« I’m Jane. »
« Jane ? I’m Jonathan! »
Il me tendit sa main, que je serrais dans la mienne en guise de salutation. Ses yeux brillaient, il semblait tellement beau à ce moment-là… Vivement qu’on arrive à Paris pour faire plus ample connaissance!